7 questions piège des journalistes

C’est classique et de bonne guerre, dans leurs efforts d’obtenir le fin de mot de l’histoire ou tout simplement de creuser une information jusqu’au bout, les journalistes peuvent glisser des questions pièges dans leur interview. Or, pour vous assurer de garder la maîtrise de votre message et des informations que vous diffusez, nous enseignons différentes techniques dans nos formations de media training, en voici quelques-unes :

 

Le journaliste vous demande votre opinion personnelle

Les conflits d’intérêt entre l’opinion personnelle et la politique d’une entreprise par exemples sont fréquents. Si vous êtes le porte-parole de l’entreprise ou son représentant lors d’une interview et que l’on vous interroge sur une décision prise dont vous n’étiez pas un défenseur en vous demandant votre opinion personnelle, que répondez-vous ?

Ne donnez jamais votre opinion personnelle

La règle est simple à dire, parfois plus difficile à appliquer, mais elle est un principe de base incontournable. Vous n’avez quasiment jamais intérêt à donner votre opinion personnelle, ni personnellement et encore moins pour l’entreprise. Les conflits moraux sur des décisions dont vous devez être ensuite le porte-parole ne doivent jamais s’étaler en public, à vous de les résoudre en interne ou de simplement renoncer à l’interview en amont.

Comment répondre ?

  • Et bien répondez à la question et pour ce faire, commencez par préciser que vous parlez au nom de l’entreprise
  • Faites une transition vers une explication des choix en utilisant toujours le « nous » : « je comprends qu’il s’agit d’un changement assez radical, toutefois, en tant que porte-parole de l’entreprise, je peux vous affirmer que nous avons étudié toutes les possibilités et que nous en sommes venus à cette conclusion… »
  • Restez vigilent : si vos opinions personnelles sont contraires, faites surtout très attention à rester dans la ligne de communication décidé par l’entreprise, au risque de faire de vos différents la véritable information que retiendra l’opinion publique.

Exemple :

Patrick Pouyanné, PDG de Total amené à répondre à une question personnelle sur l’affaire Fillon en pleine campagne présidentielle (janvier 2017)

 

Le journaliste essaie de mettre des mots dans votre bouche

Ça fait partie du travail du journaliste de résumer vos propos pour s’assurer qu’ils seront bien compris, en le faisant il peut, intentionnellement ou par maladresse utiliser des mots ou des raccourcis qui en réalité déforment vos propos.

N’acceptez jamais une paraphrase qui ne vous semble pas juste. Prenez au contraire le temps de répéter vos propos une seconde fois, de manière plus résumée, afin de vous assurer que votre message ne sera pas déformé.

 

La question hors sujet

C’est un grand classique, vous venez pour faire une interview sur un sujet précis, mais l’actualité du moment pousse le journaliste à dévier son interview vers un autre sujet qui fait alors la une des journaux.

Soyez prêt à répondre à des questions hors sujet. Cela doit faire partie de votre travail de préparation. Si vous êtes là pour annoncer le lancement d’une nouvelle usine, mais que l’actualité du moment est celle d’un boycott orchestré sur les réseaux sociaux à l’encontre de plusieurs grandes marques d’entreprise, soyez prêt à répondre à une question sur ce sujet d’actualité !

Préparez votre réponse. Ne vous laissez pas surprendre, assurez-vous de la ligne de communication de l’entreprise sur des sujets d’actualité et préparer une réponse, qui souvent peut-être tout simplement l’explication du pourquoi vous ne voulez pas commenter ce sujet.

Si la question vous prend par surprise, refusez de commenter mais dites toujours pourquoi vous refusez. Les excuses pour expliquer que vous n’avez pas à commenter quelque chose peuvent être multiples : « je suis ici pour parler de Total, pas pour parler de politique » ; « je n’ai pas à commenter une affaire de justice en cours » ; « les négociations sont en cours et il est donc important de ne pas chercher à faire pression sur les syndicats par presse interposée, nous vous en parlerons en temps utile », etc.

 

La question boule de cristal qui vous demande de faire des spéculations

Rien de plus dangereux que de faire des pronostics sur le futur quand vos propos sont enregistrés, or les journalistes raffolent de ces questions qui sont censées nous dire comment les choses vont se passer à l’avenir.

Ne vous engagez jamais sur l’avenir. Par exemple, une énorme tempête vient de provoquer des dégâts considérables et des centaines de milliers de foyers se retrouvent sans électricité. En tant que porte-parole du principal fournisseur d’électricité, on vous demande quand le courant sera rétabli ? Si vous n’avez-vous-même aucune certitude à ce sujet, contentez-vous de faire un état des lieux de la situation, de montrer l’envergure du problème et détaillez l’ensemble des mesures et des personnes mobilisées pour réparer les dégâts. Expliquez votre démarche, peut-être les zones prioritaires sur votre agenda, mais surtout ne vous engagez pas à donner un délai que vous n’avez pas.

 

Le journaliste demande de critiquer quelque chose ou quelqu’un

D’une manière générale, les journalistes sont particulièrement à l’affut d’une critique ou d’une citation négative pouvant provoquer la polémique, et d’une manière générale, il vaut mieux éviter de parler négativement ou d’exprimer une critique négative.

Évitez de commenter ou de critiquer les autres. La phrase qui reviendra souvent dans ces situations est celle de dire « je laisse untel s’exprimer pour lui-même ou parler de ses propres produits et faites un pont pour réorienter votre réponse sur votre compagnie, vos produits ou votre message clé.

Exemple :

Question : « Pourquoi vos concurrents ne sont-ils pas allés vers ce marché ? Vous pensez qu’ils ont tort ? »

Réponse : « Je les laisse répondre à cette question par eux-mêmes, mais ce que je peux vous dire c’est que nous avons appris de nos expériences passées et que nous avons développé cette nouvelle solution pour répondre à l’attente de nos consommateurs »

 

Le journaliste rapporte les propos critiques de quelqu’un d’autre et vous demande de réagir

En allant à la pêche à l’information, ou à la recherche d’une bonne controverse, le journaliste peut utiliser la méthode de faire parler un détracteur ou d’utiliser des citations parfois incertaines ou non sourcées.

Exemple : « Untel a dit cela, que lui répondez-vous ? » ou de manière plus vague ” Des sources bien informées nous ont rapporté que votre société était en pourparlers pour délocaliser certaines activités, est-ce que vous confirmez ?”

Évitez de répondre si l’information n’est pas correctement sourcée. Si vous n’avez pas vu le rapport ou la référence mentionnée répondez simplement : « je ne suis pas informé de cela, j’aimerais tout d’abord lire ce document avant de le commenter »

Ne répondez que si la question fait référence à une rumeur ou une croyance largement partagée.

Exemple :

Question : « Certains vous accusent de mentir sur vos émissions de carbone et de cacher la réalité de votre impact environnemental »

Réponse : « je ne vais pas répondre à des accusations vagues et non attribuées, mais je peux vous dire que notre position est très claire sur ces questions d’impact environnemental, et nous communiquons largement sur l’ensemble des actions que nous entreprenons pour réduire au maximum nos émissions de gaz à effet de serre. Ainsi nous avons pris xxx mesures qui confirment notre engagement sur ces questions qui sont des enjeux qui nous engagent tous. »

 

Le journaliste qui vous pose une colle

Une interview est toujours un moment difficile qui demande d’être concentré et il peut arriver qu’intentionnellement ou simplement sans chercher à le faire, le journaliste vous pose une question à laquelle vous n’avez pas la réponse.

L’option de dire « je ne connais pas la réponse à cette question » n’est pas souvent recommandée, mais il peut arriver que cela soit la meilleure solution. Dans ce cas essayez de montrer votre bonne volonté : « je n’ai pas la réponse exacte à cette question mais je peux chercher l’information et revenir vers vous sur ce point ». Toutefois en situation de direct cela peut être délicat.

L’option de dire ce que vous savez est souvent la meilleure. Quand vous n’avez pas la réponse précise à une question, réorientez la question en élargissant son champ ou en changeant son angle, pour répondre sur ce que vous savez et maîtrisez.

Ces techniques et astuces sont là pour vous donner les outils nécessaires à la maîtrise de votre message et de vos réponses, nous les développons avec des exemples qui vous concernent directement dans nos séances de media training.

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